1Ligue internationale des luttes des peuples - Seconde assemblée internationaleEindhoven, Pays-Bas, le 12 novembre 2004 Atelier thématique no 16 :Les droits et les conditions de vie des sans abris, des réfugiées/és et des travailleuses/eurs migrantes/ants, déplacées/és par l’impérialisme et par les réactionnaires locaux Proposition d'adoption d'une base d’unité et de création d'un organisme :L'Alliance internationale des migrantes/ants (A.I.M.)
1Ligue internationale des luttes des peuples - Seconde assemblée internationaleEindhoven, Pays-Bas, le 12 novembre 2004 Atelier thématique no 16 : Les droits et les conditions de vie des sans abris, des réfugiées/és et des travailleuses/eurs migrantes/ants, déplacées/és par l’impérialisme et par les réactionnaires locaux Proposition d'adoption d'une base d’unité et de création d'un organisme :L'Alliance internationale des migrantes/ants (A.I.M.) 1) Au niveau mondial, le capitalisme traverse une crise sans précèdent. Pour s'en sortir, il intensifie l’exploitation et l’oppression de millions de personnes dans le monde entier. Le pillage, la guerre et le terrorisme impérialistes affectent, tuent et suscitent le déplacement d'un nombre effarant de familles et de communautés entières, de femmes et d'enfants. Les puissances impérialistes, exaspérées par l’échec des mesures de «mondialisation de la liberté de marché», qui ne font qu'approfondir la crise qu'elles ont créé au lieu de les en sortir, se mettent alors à terroriser les peuples en se livrant à des guerres d’agression et en adoptant des mesures fascistes. 2) Cette situation accroît et aggrave le phénomène des migrations forcées et des déplacements de populations. a) Dans son rapport d’octobre 2006, la Division de la population des Nations Unies affirmait qu'en 2005, 205 millions de personnes, soit trois pour cent de la population mondiale, vivaient hors de leur pays de naissance. b) Soixante pour cent des migrantes/ants au monde se trouvent dans des régions développées. La plupart des migrantes/ants du monde vivent en Europe (64 millions), en Asie (53 millions) et en Amérique du Nord (44 millions). Presque dix pour cent des personnes vivent en tant que migrant/ante dans les pays des plus développés. c) Le nombre de travailleuses/eurs sans papiers augmente : en 2003, d'après les évaluations européennes, ce nombre était de trois millions en Europe, et d'après les évaluations de l'«Urban Institute», ce nombre était de dix millions aux États-Unis. Toujours aux États-Unis, trois millions d’enfants ont au moins un de ses parents sans papier. d) À la fin de l’an 2005, il y avait 13 millions de réfugiés dans le monde. En ce qui concerne les continents ayant le plus de réfugiés/ées, au premier et au second rang se trouvent respectivement l'Asie avec 7 millions, et l'Afrique, avec 3 millions, alors que presque 3 millions de réfugiés vivent dans les pays développés. e) On peut se rendre compte, même si l'on ne se base que sur des évaluations très modérées, que les problèmes et les conflits économiques et politiques dans le monde sont devenus explosifs. Entre autres exemples, les statistiques montrent en effet que le nombre d'immigrantes/ants, de travailleuses/eurs migrantes/ants, de réfugiées/iés et de sans abris a doublé depuis 1975. f) Dans le monde, le total des sommes d'argent envoyées chaque année (entre autres par les travailleuses/eurs migrantes/ants à leur famille) 1s’élève à 226 billions de dollars états-uniens, dont 64% vont aux pays moins développés. Sans ces envois de fonds, les économies chancelantes de plusieurs pays qui exportent de la main-d'oeuvre s'effondreraient sûrement. 3) Les stratégies de mondialisation néolibérale actuelles sont responsables de la pauvreté, de la faim, du manque de terres, du chômage, des crises économiques et financières dans de nombreux pays opprimés et sous-développés, où l'État, de nature néo-coloniale, est dirigé par un régime fantoche au service de l'impérialisme. Ces pays engendrent une migration forcée incontrôlable et des déplacements de population à travers le monde. Les conditions internes sont cause de pauvreté et de persécution. Elles ne laissent, à un grand nombre de personnes, pas d'autre choix que de quitter leur pays et leur famille et d'aller chercher du travail ailleurs. Ces personnes deviennent des migrantes/ants pour avoir la vie sauve et pour survivre. 4) Obligées de migrer et devenues des personnes déplacées, les migrantes/ants sont soumises/is à des conditions intolérables : leurs droits sont violés et leurs conditions de travail et de vie sont déplorables. a) Ces personnes sont considérées comme étant de la main-d'oeuvre à bon marché et constituent une affaire en or pour les recruteurs et les gouvernements de leur pays d'origine ainsi que pour ceux de leur pays d'arrivée. Dans leur pays d'origine, elles deviennent des marchandises. Elles sont l'objet de diverses stratégies d'exportation de main-d'oeuvre de la part du gouvernement, qui a besoin des envois d'argent des travailleuses/eurs vivant à l'étranger pour essayer d'équilibrer la balance commerciale et de rembourser la dette, qui, en fait, augmente continuellement. b) Dans leur pays d'arrivée, ces personnes travaillent aux salaires les plus bas et sont les travailleuses/eurs les plus exploitées/és de ce dernier. Elles sont l'objet de discrimination et de haine. En effet, l'État impérialiste qui les reçoit inculque aux travailleuses/eurs et au peuple du pays, l'idée que les immigrantes/ants, les migrantes/ants et les réfugiées/iés sont la cause de la crise qui règne dans le pays parce qu'elles/ils volent des emplois locaux et vivent des allocation du système de bien-être social. Ces personnes deviennent ainsi les boucs émissaires des politiques néolibérales impitoyables. c) En général, qu'elles/ils soient légales/aux ou sans papiers, temporaire ou immigrantes/ants reçues/us, travailleuses/eurs admises/is ou refugiées/iés, les migrantes/ants sont l'objet de menaces d'être arrêtées/és, détenues/us et déportées/és ou sont effectivement arrêtées/és, détenues/us et déportées/és. Les migrantes/ants sans papiers, leurs droits, leurs enfants et leur existence ne sont pas reconnus. Ces personnes constituent le groupe de personnes étrangères les plus vulnérables : elles sont criminalisées et soumises à des traitements brutaux et inhumains, qui enfreignent les dispositions et les normes internationales du travail et de traitement humains. d) Les femmes migrantes sont davantage victimes de mauvais traitements, de violations des droits de la personne, étant soumises à l'oppression imposée aux femmes : elles gagnent moins que les hommes, n'occupent que des postes stéréotypés pour femmes, sont les premières à être mises à pied, vivent des conditions proches de l'esclavage dans des ateliers à surexploitation, occupent des emplois aux fonctions répétitives et aux rythmes infernaux, sont soumises à du harcèlement sexuel, sont victimes de viols, etc. Ce sont les personnes les plus vulnérables qui puissent exister dans le cadre des différents types de trafic humain : travail esclave, prostitution et autres formes d'esclavage. e) Au cours de la dernière décennie, les guerres d'agression, la persécution politique et les ethnocides et les génocides engendrés par l'impérialisme ont entraîné des exodes massifs de personnes. Ils ont forcé des multitudes de personnes à quitter leur pays pour échapper au danger. Ces personnes réussissent parfois à obtenir le statut de demandeuses/eurs d'asile et des réfugiées/iés. Malgré l'existence de conventions et de lois internationales et régionales, qui sont sensées les protéger, les États impérialistes et leurs laquais briment autant qu'ils le peuvent leurs droits de demandeuses/eurs d'asile et de réfugiées/és au nom de la “guerre sans fin contre le terrorisme” que dirigent les États-Unis. f) Les migrantes/ants et les réfugiées/iés ne bénéficient pas de tous les droits fondamentaux relatifs au travail, à la santé, aux droits sociaux et humains enchâssés dans les conventions internationales. Elles/ils sont l'objet de racisme et de discrimination en plus de subir l'exploitation propre à la classe des travailleuses/eurs. g) L'impérialisme utilise un grand nombre de mesures pour faire baisser le prix de la main- d'oeuvre : flexibilisation de la main-d'oeuvre, embauche de travailleuses/eurs à contrat, mise en commun au niveau mondial des travailleuses/eurs, accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les marchandises et les services, traités de libre échange, accords bilatéraux entre pays, la migration. Ces mesures font en sorte que la migration de populations entières ne profite qu'aux gouvernements qui exportent de la main-d'oeuvre, qu'aux agences de recrutement hautement organisées et qu'aux entreprises multinationales, à leurs filiales et à leurs entreprises sous-traitantes h) Dans le cadre de la soi-disant "guerre globale contre le terrorisme" menée par les États- Unis et les autres gouvernements impérialistes, des lois locales et des lois sur l'immigration, y compris les récentes lois prétendument “anti-terroristes” ont été adoptées. Ces lois restreignent, attaquent et persécutent un grand nombre de communautés de migrantes/ants, militarisent les frontières, violent des droits reconnus au niveau international sur la réunification des familles et engendrent la haine, la peur et la xénophobie au sein des populations des pays qui les reçoivent. Les segments de 1LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels/uelles et transsexuels/elles) des communautés de migrantes/ants sont, en plus, soumis à l'oppression basée sur l'orientation sexuelle de la part des États qui les reçoivent. 5) Ces mesures de mondialisation néolibérale et de soi-disant “guerre globale contre le terrorisme” affectent tous les aspects de la vie quotidienne des migrantes/ants dans tous les pays. Il est donc crucial et urgent que les communautés immigrantes et migrantes s'unissent et organisent une résistance globale face aux attaques impérialistes et racistes pour qu'elles défendent nos droits et nos conditions de vie et de travail. Nous devons donc consacrer des efforts pour créer et renforcer nos organisations nationales, mais nous devons aussi créer un large front international d'organisations et de groupes immigrants et migrants pour nous opposer à l'impérialisme, dont la mondialisation et le terrorisme d'État attaquent les peuples de nos pays et les immigrantes/ants et les migrantes/ants. L' Alliance internationale des migrantes/ants (A.I.M.) portera à partir de maintenant le flambeau de cette lutte. 6) En créant l'Alliance internationale des migrantes/ants, nous adhérons à l'analyse fondamentale et aux points de vue énoncés précédemment et nous nous engageons à promouvoir les objectifs suivants : a) la prise en charge des travailleuses/eurs migrantes/ants, des immigrantes/ants et des réfugiées/iés au moyen de l'organisation autonome de leurs communautés, l'appui à eurs programme d'éducation, d'organisation et de mobilisation visant à renforcer leurs luttes pour leurs droits et leurs conditions de vie et contre la mondialisation et la soi-disant “guerre contre le terrorisme” de l'impérialisme; b) l'application stricte et intégrale, par les gouvernements des pays de départ et d'arrivée des travailleuses/eurs migrantes/ants, des conventions et des résolutions de l'Organisation des Nations Unies et de l'Organisation internationale du travail visant la protection des droits et des conditions de vie des travailleuses/eurs migrantes/ants et de leur famille; c) l'application stricte et intégrale des conventions visant la protection et la défense des droits des femmes migrantes, immigrantes et réfugiées et la satisfaction de leurs besoins spécifiques; d) la reconnaissance et la défense des droits des travailleuses/eurs migrantes/ants sans papier; e) la reconnaissance et la défense des droits d'asile des réfugiées/és politiques et la lutte pour mettre fin à toutes les formes de restriction et de persécution; f) la cessation des politiques injustes et discriminatoire de l'État en matière de santé, qui constituent un outil de discrimination et de contrôle du déplacement des personnes, particulièrement celui des travailleuses/eurs migrantes/ants; l'abolition des tests obligatoires exigés comme condition d'embauche ou qui servent de motif de déportation en cas de résultat défavorable; l'accès des travailleuses/eurs migrantes/ants, des immigrantes/ants, des réfugiées/és et des sans abri à ses informations et à des services de santé adaptés aux différentes cultures de ces personnes; g) la dénonciation de la militarisation des frontières, la démilitarisation de celles-ci, l'abolition de toutes les politiques injustes, discriminatoires et violentes de l'État contre les immigrantes/ants et les migrantes/ants; h) la cessation des politiques d'exportation de main-d'oeuvre, qui institutionnalisent la «marchandification» des travailleuses/eurs (1traitement de la main-d’oeuvre comme s’il s’agissait d’une marchandise) et les violations des droits des travailleuses/eurs migrantes/ants qui en découlent; l'adoption de réformes socio-économiques profondes créant des emplois acceptables et instaurant l'équité; i) la cessation du trafic d'êtres humains et du trafic sexuel; j) la cessation des guerres d'agression impérialistes et des autres mesures fascistes par l'impérialisme états-unien et par les États qui en sont les clients. 7) Pour atteindre ces objectifs, l'Alliance internationale des migrantes/ants prendra les mesures suivantes : a) l'étude approfondie des causes fondamentales des migrations, de ses conséquences directes, des autres questions et problèmes connexes et du rôle de l'impérialisme, des gouvernements et des institutions internationaux dans les processus d'exportation de main-d'oeuvre et de migration forcée; b) l'organisation de campagnes, d'activités d'opposition et d'action contre les violations des droits de la personne et les actes de violence perpétrés contre les migrantes/ants et les immigrantes/ants et l'organisation d'appui à cette cause; c) la canalisation des efforts de coopération internationale et de l'appui mutuel parmi les organisation migrantes et immigrantes; le partage de stratégies de résistance et de recherche de solutions à l'aggravation du problème que constituent l'exportation de main-d'oeuvre et les migrations forcées, causées par la mondialisation impérialiste; d) l'encouragement à la coordination et à la coopération au niveau national et aux nivaux régionaux des organisations d'immigrantes/ants et de migrantes/antes par l'organisation d'activités conjointes, la création de coalitions ou l'établissement d'instances de coordination visant à réaliser des campagnes de protection de leurs droits et de leurs conditions de vie et de renforcement de leurs capacités organisationnelles; e) l'établissement de structures et de réseaux d'appui; l'utilisation maximale des moyens qui existes déjà afin d'organiser et d'assister les travailleuses/eurs migrantes/ants, les immigrantes/ants et les réfugiées/és qui sont dans le besoin et qui ont des problèmes dans les pays de départ et d'arrivée; et f) le développement d'un réseau de défense des migrantes/ants qui soit authentiquement international, anti-impérialiste et favorable à ces personnes implanté dans les différents groupes et organisations religieuses, professionnelles, universitaires et de citoyennes/ens; l'appui au renforcement et à l'organisation de groupes immigrants et renforcement du travail de défense pour changer les politiques et les lois. |